Mardi 22 novembre 2011
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Elodie : Quel est la signification de votre nom de scène ?
Imany : Ça veut dire "foi" en swahili et non pas espoir comme on le voit toujours sur internet. Mais je ne l’ai pas choisi pour cette raison. J'ai découvert la signification
totalement par hasard. Si j'ai choisi ce nom, c'est parce que je suis fan du film « Un prince à New York » avec Eddy Murphy où la princesse s'appelle IMANI.
Marie Ranieri : Cette connotation religieuse ne vous a-t-elle pas dérangée quand vous avez appris le sens du mot?
Imany : Non en l’occurrence cette signification tombait bien puisque j'ai foi dans mon travail, foi en mes rêves.
Margot : Vous avez commencé par une carrière dans le mannequinat. Y a-t-il eu un déclic ou un événement qui vous a poussé à changer de voie ?
Imany : Le mannequinat, ce n'était pas ma passion contrairement à la musique. Et puis de toute façon, quand tu es mannequin, tu penses assez vite à ce que tu vas faire après.
Dans le mannequinat, il y a une date de péremption très courte ! (rires) Tu sais que tu ne vas faire ça que quelques années et qu’après on va te remplacer par des plus jeunes… Le déclic s'est
fait à New York, où j'ai vécu pendant sept ans. J'ai rencontré beaucoup d'artistes qui se levaient tôt le matin et qui réalisaient leurs rêves. Alors c'est ce que j'ai fait aussi.
Mélanie : Qu’est-ce qui vous a poussé à chanter ?
Imany : Pour être tout à fait honnête, je n’en ai aucune idée. Je pense que j’ai toujours chanté et qu’au fond de moi-même, j’ai toujours voulu en faire mon métier.
Uma: Avez-vous suivi une formation musicale avant vos cours de chants à New York?
Imany : Non. J'ai suivi ma propre formation musicale.
Mélanie : Les paroles de vos chansons sont en anglais. Pourquoi ?
Imany : J’ai vécu sept ans à New York et c’est là que j’ai pris mes cours de chant, donc cela m’a paru logique de chanter en anglais. Je trouve aussi que la langue anglaise est
plus jolie chantée que la langue française.
Mélanie : Avez-vous déjà écrit et chanté en français ?
Imany : Oui mais je trouve que le résultat est meilleur en anglais. Maintenant, j’habite en France mais je pense que je continuerai à chanter en anglais. Pendant mes concerts,
par exemple, il n’y a pas de paroles en français.
Uma: Quelles sont vos influences musicales?
Imany : J'aime beaucoup Tracy Chapman, mais il y aussi des artistes tels que Bob Dylan, Pauline Croze ou le groupe Wu-Tang Clan.
Uma: Avez-vous envisagé des reprises de ces artistes ou d'autres artistes?
Imany : Oui, par exemple, ce soir je vais reprendre une chanson du groupe Queen [ndlr, « Mama »], « Mercedes Benz » de Janis Joplin ainsi que "I'll be there" des Jackson
Five.
Margot : Les journalistes évoquent très souvent votre voix assez grave. Vous n’en avez pas marre de cette remarque ?
Imany : Non, pas vraiment. En fait, j'ai l'habitude maintenant. On me le dit depuis que je suis toute petite! Donc non, je n'en ai pas marre. Et puis, c'est grâce à cette voix
que je me démarque.
Elodie : Vous avez été repérée par Malik N'Diaye, producteur entre autres d'Ayo. Comment s'est passée la rencontre et qu'est ce qui s'en est suivi ?
Imany : C’était le contact d'une amie. Avant de le rencontrer, il avait déjà écouté la démo enregistrée à New York. Il faut préciser qu’il n’était pas réellement emballé au
début… À cette époque avec ma sœur on faisait beaucoup de scènes sur Paris un peu pour se roder. Au début on avait 20 à 30 personnes et on a fini au bout de 4/5 mois à environ 300 personnes. Et
Malik N'Diaye a aimé notre façon de faire, notre détermination.
Elodie : Vous êtes produite par une maison de disque indépendante THINK ZIK. Avez-vous des propositions de contrat de majors ?
Imany : Actuellement je suis contente de la maison de disque dans laquelle je suis. J'y ai même signé un contrat pour 3 albums. Mais pour ce qui est de l’étranger, je signe ce
qu'on appelle des licences comme en Allemagne, en Grèce... Ce sont des petits labels, parfois des majors à l’étranger. C’est même parfois mieux de ne pas être dans une major parce qu’ils ont des
filiales à l’étranger mais parfois n’investissent pas pour toi dans les autres pays tandis que si tu
signes une licence avec eux à l’étranger, ils ont tout intérêt à te lancer. Ils te soutiennent davantage parce qu’ils investissent directement.
Elodie: Avez-vous donc l'ambition de vous exporter davantage ?
Imany : Oui j'ai signé des licences en Belgique, en Suisse et ce sera bientôt les Pays-Bas en janvier, l'Allemagne en février.
Margot : J'ai eu la chance de vous voir en première partie de Guillaume Grand en janvier ici-même [ndlr, l’Empreinte] et à cette époque vous n'étiez accompagnée que d'une guitare.
Est-ce encore le cas ce soir ?
Imany : Non ! Nous sommes huit ce soir. Il y aura deux violoncelles, une guitare électrique, une guitare acoustique ou deux acoustiques, une basse, une batterie et un
clavier.
Margot : Et vous avez une préférence pour les arrangements entre quelque chose de plus dépouillé et un accompagnement plus impressionnant?
Imany : Non, c'est juste différent. Sans, c'est quand même plus simple. Avec les musiciens, on a moins de libertés. C'est différent, j'aime les deux.
Margot : Y aura-t-il une chanson, ce soir, où vous ne serez accompagné que d'une guitare ?
Imany : Seulement au rappel... Si on nous rappelle (rires). On ne rappelle pas toujours, si ? (rires)
Uma: Pourquoi avez-vous choisi comme titre "The Shape of a Broken Heart" pour votre album?
Imany : Je trouvais que ce titre était plus beau que les autres titres.
Marie Ranieri : En effet. En même temps, cette chanson évoque l’Afrique et c’est la seule de l’album à le faire. Toutes les autres parlent de ruptures…
Imany : Oui, mais ce titre a aussi été choisi car il pouvait refléter un amour brisé mais pas mort. Les paroles parlent de l’Afrique comme d’un cœur brisé. C’est ce qui fait le
lien avec les autres chansons.
Margot : Les paroles de vos chansons évoquent souvent la perte d'identité. Pourquoi ce sujet est-il récurrent ?
Imany : C'est plutôt la quête d'identité! À 32 ans, j'ai compris certaines choses de la vie. On se cherche, on fait des erreurs... C'est pour ça que ce sujet est assez récurrent.
On se prend un premier mur, puis un deuxième, un troisième et avec l’expérience, le quatrième on le voit venir.
Uma: Quel sera votre deuxième single? La sortie est-elle déjà prévue?
Imany : Mon deuxième single s'intitulera "Please and change". La sortie est prévue pour la rentrée de janvier.
Uma: Dans cette chanson justement, vous dîtes en parlant de l'homme : "tu ne changeras jamais". Le pensez-vous vraiment?
Imany : Non, je pense que l’on peut changer si on le veut ! Je pense sinon que quoi que l'on fasse pour changer son homme, il ne changera jamais. Si lui veut changer, c’est
possible. Mais s’il ne veut pas, il n’y a rien à faire. Tu perds ton temps. C’est plus rapide de changer de mec. (rires)
Mélanie : Dans un de vos titres « Slow down », il y a des chœurs dans une langue africaine. Quel est le sens de ces paroles ?
Imany : C’est Djeneba Koné, une jeune femme de dix-neuf ans qui chante avec moi sur ce titre. Elle a une jolie voix et elle sera d’ailleurs là ce soir. Ces paroles disent qu’il
faut prendre son temps et qu’il ne faut pas lutter contre les choses qui sont inévitables.
Elodie : Votre clip "you will never know" est très narratif et assez proche d'un court métrage. Qui a eu cette idée ?
Imany : On m'a apporté l'idée d'un triptyque qui est en fait un court métrage de 20 minutes divisé en 3 clips. Ça me plaisait tout ce coté narratif, ce "truc" cinématographique,
comme dans les clips des années 90. Comme je suis dans une indé, on a très peu de moyens c'est donc moi qui ai réalisé la coiffure, le maquillage et le stylisme. On a effectué le tournage à Cuba
car c'est une ancienne industrie cinématographique, du coup on a obtenu des vêtements des années 50 stockés dans de grands hangars pour peu cher. De plus c'est ensoleillé, il y a beaucoup de
monde donc ça correspondait aux besoins du clip et au petit budget.
Elodie : Vous avez récemment rencontré Amen Viana et enregistré ensemble en acoustique une reprise de « Redemption Song » de Bob Marley que l’on peut voir sur youtube. Qui a contacté
qui ?
Imany : Je le connaissais déjà car on avait chanté lors d'un showcase Puma à l'occasion de la coupe du monde de football. On fait tous les deux également parti d'un collectif,
AFRIQUE EN SCENE, et l'idée c'était de faire un duo avec l'un des artistes. Je ne connaissais personne à part lui, c'est donc naturellement qu'on l’a enregistré ensemble un duo. Pour ce qui est
du choix de la chanson, Amen la connaissait déjà bien à la guitare, moi aussi donc ça s'est fait assez
rapidement. C’était la seule chanson qu’on avait tous les deux à notre répertoire.
Margot : Y a-t-il des collaborations prévues avec d’autres artistes?
Imany : Non, pas encore. Je n’ai même pas le temps de rentrer chez moi pour regarder la télé en ce moment. Pour organiser une collaboration, il faut avoir du temps.
Elodie : Dans quelques semaines, Mariama, une jeune chanteuse allemande très peu connue du public mais très douée, se produira en 1ère partie à l’un de vos concerts. Avez-vous votre
mot à dire pour les premières parties?
Imany : Non, je n'ai pas mon mot à dire pour ce qui est des premières parties. Mais quand il s'agit de grandes salles parisiennes, j'essaye quand même d'avoir le choix.