Photo : Charlène Moulin-Passebosc
|
Pourquoi ce nom : La Grande Sophie ?
Elle voulait un pseudo pour la scène mais n’en trouvait pas qui lui correspondait.. Arrivée à Paris, les filles de Maximum Kouette (groupe qui l’a aidée à se lancer) l’ont surnommée comme cela et «
La Grande Sophie » est resté.
Parcours
La Grande Sophie forme son 1er groupe à l’âge de 13ans, accompagnée par son frère et son voisin, elle joue de la guitare. Tous les trois s’entraînaient dans leur garage sur leur propres
compositions ou des reprises. Pour eux ce fut un moyen de se canaliser, dans une petite ville où l’activité culturelle n’était pas vraiment développée (pas de cinéma, par exemple). Elle donne son
1er concert avec son groupe en 1985 lors de la première fête de la musique dans son collège. Cependant à cet âge (15ans), la musique n’était pas encore une évidence, l’envie ne s’est précisée que
plus tardivement. Après avoir écrit sa 1ère chanson, la Grande Sophie n’as plus jamais arrêté l’écriture.
Après l’obtention de son bac, elle choisit d’intégrer les Beaux Arts avec le soutien de ses parents qui ne lui ont jamais déconseillé le milieu artistique et ne l’ont jamais découragée. Les Beaux
Arts lui ont permis de s’ouvrir sur différents milieux comme la musique expérimentale, mais sa passion première est la sculpture (matière, forme...). Elle a parfois allié cette dernière à la
musique en y intégrant des haut-parleurs.
Selon elle, les Beaux Arts constituaient un milieu élitiste à l’époque et elle n’y avait pas vraiment trouvé sa place et a dû faire un choix. Elle est donc montée à Paris pour rencontrer plus de
monde. Elle a d’abord fait des petits boulots, mais Paris était malgré tout magique au niveau culturel par sa diversité. Monter à Paris lui a permis de faire de nombreuses rencontres, avec les
associations notamment. Ce ne fut que du positif à son sens puisqu’elle a constamment évolué sans jamais reculer.
La scène
Elle a réalisé une petite tournée entre ses deux albums afin de repartir toute seule sur scène avec sa guitare et sa grosse caisse au printemps 2006. Durant cette tournée, elle a retrouvé des lieux
plus intimes.
Toutefois, elle trouve beaucoup de plaisir à jouer sur les grosses scènes, comme par exemple lors de son Zénith en 2006, qui sont plus euphorisantes, où elle trouve plus de répondant tandis que les
petites salles lui permettent de mieux voir son public.
Francofolies
La Grande Sophie était sur le point de sortir son 1er album quand on lui a annoncé qu’elle participerait aux Francofolies. Elle y a chanté deux chansons, ce fut son premier grand festival, qui se
révéla très important pour la suite puisqu’on y trouve beaucoup de programmateurs.
Victoires de la musique
Lors des Victoires de la Musique de 2005, elle a décroché la « révélation scène ». C’était important pour elle car elle venait de la scène. Sachant qu’il y avait des artistes bien plus connus
qu’elle, elle ne pensait pas qu’elle gagnerait ce prix, surtout qu’elle venait d’une petite structure associative. Cela lui a permis de marquer une certaine crédibilité dans le milieu
professionnel.
Nouvel album
Son nouvel album sortira le 26 janvier 2009 et elle redémarrera une tournée par la suite. Cet album est particulièrement différent des précédents puisqu’il est plus acoustique, plus organique, plus
aéré. Il laisse place à la voix. Le travail en studio fut également différent, elle y a travaillé avec Edith Fabuena (réalisatrice, guitariste d’Etienne Daho, Alain Bashung…). Elle a très vite
ressenti les attentes de la Grande Sophie et elles se sont très bien entendues durant toutes la durée de l’enregistrement. Edith a usé la maïeutique, comme elle dit, et ça a vraiment bien marché
sur elle, estime la Grande Sophie. Elle a pu explorer d’autres choses sur sa voix, on y trouve plus d’émotion, plus de sensibilité et moins de pudeur. Dès le début elle avait la volonté d’une
évolution.
Pour elle, le travail en studio se révèle souvent oppressant, pesant. Pour elle, ce n’est pas que du bonheur, car de nombreux accrochages ont lieu, il faut se faire comprendre. C’est pourquoi elle
a choisi Edith Fabuena pour réaliser cet album et elle ne regrette pas son choix.
Sur ce nouvel album elle a également invité ses fans à y participer. Durant l’enregistrement, cinq jeunes filles l’ont rejoint en studio pour les « claps ». Elle a pu leur montrer la chaîne de
travail, l’envers du décor et tout le travail que nécessite un disque.
Elle a lancé un appel sur son site afin de recueillir les dessins de ses fans qui apparaîtront sur l’édition limitée du son 5ème album et elle va choisir parmi les vidéos qui ont pu lui être
envoyées, la personne qui fera sa 1ère partie à l’Alhambra.
Public
Son public est très hétéroclite, on y trouve des familles, des gothiques, des punks, des enfants…
Pire expérience
Son plus mauvais souvenir est celui de son 1er Olympia ! Elle l’a très mal vécu à cause des problèmes techniques survenus. Elle a dû faire la moitié du concert sans retour de son, rien ne marchait
comme prévu… Elle n’avait pourtant eu aucun problème durant la tournée, tout s’est cumulé à l’Olympia !
Meilleur souvenir
Son meilleur souvenir était lors des Francofoliess, sur la scène St Jean d’Acre, il faisait si chaud que les pompiers arrosaient la foule (elle admet adorer la chaleur). Elle s’est jetée dans la
foule, a récupéré une rose au passage et a fini sur scène avec la rose dans la bouche. Pour elle, se fut une expérience magique.
Style
Elle a qualifié sa musique de « kitchen-music » afin de ne pas être enclavée dans un genre bien défini, elle voulait créer son propre style, même si elle ne se pose pas la question. Pour elle, il
faut considérer la musique comme le quotidien, pour qu’elle soit plus abordable.
Influences
The Selecter, Madness, the Pretenders, Suzanne Vega, Prince ..
Double 6 (jazz français)
Projets en cours
Elle commence sa tournée fin janvier après la sortie de son album, donc elle va faire de nouvelles salles et de nouveaux festivals. Elle essaie actuellement d’écrire une pièce musicale avec des
instruments de grand orchestre. Elle aimerait également se développer dans la musique de films. Pourquoi pas
Peau d’Ane ?
Interview rédigé par Mélanie GELY, propos recueillis par Mélanie GELY, Asha TEELUCK et Aurore FRATTALEMI