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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 16:50

Elodie : Quel est la signification de votre nom de scène ?

Imany : Ça veut dire "foi" en swahili et non pas espoir comme on le voit toujours sur internet. Mais je ne l’ai pas choisi pour cette raison. J'ai découvert la signification totalement par hasard. Si j'ai choisi ce nom, c'est parce que je suis fan du film « Un prince à New York » avec Eddy Murphy où la princesse s'appelle IMANI.

Marie Ranieri : Cette connotation religieuse ne vous a-t-elle pas dérangée quand vous avez appris le sens du mot?

Imany : Non en l’occurrence cette signification tombait bien puisque j'ai foi dans mon travail, foi en mes rêves.

Margot : Vous avez commencé par une carrière dans le mannequinat. Y a-t-il eu un déclic ou un événement qui vous a poussé à changer de voie ?

Imany : Le mannequinat, ce n'était pas ma passion contrairement à la musique. Et puis de toute façon, quand tu es mannequin, tu penses assez vite à ce que tu vas faire après. Dans le mannequinat, il y a une date de péremption très courte ! (rires) Tu sais que tu ne vas faire ça que quelques années et qu’après on va te remplacer par des plus jeunes… Le déclic s'est fait à New York, où j'ai vécu pendant sept ans. J'ai rencontré beaucoup d'artistes qui se levaient tôt le matin et qui réalisaient leurs rêves. Alors c'est ce que j'ai fait aussi.

Mélanie : Qu’est-ce qui vous a poussé à chanter ?

Imany : Pour être tout à fait honnête, je n’en ai aucune idée. Je pense que j’ai toujours chanté et qu’au fond de moi-même, j’ai toujours voulu en faire mon métier.

Uma: Avez-vous suivi une formation musicale avant vos cours de chants à New York?

Imany : Non. J'ai suivi ma propre formation musicale.

Mélanie : Les paroles de vos chansons sont en anglais. Pourquoi ?

Imany : J’ai vécu sept ans à New York et c’est là que j’ai pris mes cours de chant, donc cela m’a paru logique de chanter en anglais. Je trouve aussi que la langue anglaise est plus jolie chantée que la langue française.

Mélanie : Avez-vous déjà écrit et chanté en français ?

Imany : Oui mais je trouve que le résultat est meilleur en anglais. Maintenant, j’habite en France mais je pense que je continuerai à chanter en anglais. Pendant mes concerts, par exemple, il n’y a pas de paroles en français.

Uma: Quelles sont vos influences musicales?

Imany : J'aime beaucoup Tracy Chapman, mais il y aussi des artistes tels que Bob Dylan, Pauline Croze ou le groupe Wu-Tang Clan.

Uma: Avez-vous envisagé des reprises de ces artistes ou d'autres artistes?

Imany : Oui, par exemple, ce soir je vais reprendre une chanson du groupe Queen [ndlr, « Mama »], « Mercedes Benz » de Janis Joplin ainsi que "I'll be there" des Jackson Five.

Margot : Les journalistes évoquent très souvent votre voix assez grave. Vous n’en avez pas marre de cette remarque ?

Imany : Non, pas vraiment. En fait, j'ai l'habitude maintenant. On me le dit depuis que je suis toute petite! Donc non, je n'en ai pas marre. Et puis, c'est grâce à cette voix que je me démarque.

Elodie : Vous avez été repérée par Malik N'Diaye, producteur entre autres d'Ayo. Comment s'est passée la rencontre et qu'est ce qui s'en est suivi ?

Imany : C’était le contact d'une amie. Avant de le rencontrer, il avait déjà écouté la démo enregistrée à New York. Il faut préciser qu’il n’était pas réellement emballé au début… À cette époque avec ma sœur on faisait beaucoup de scènes sur Paris un peu pour se roder. Au début on avait 20 à 30 personnes et on a fini au bout de 4/5 mois à environ 300 personnes. Et Malik N'Diaye a aimé notre façon de faire, notre détermination.

Elodie : Vous êtes produite par une maison de disque indépendante THINK ZIK. Avez-vous des propositions de contrat de majors ?

Imany : Actuellement je suis contente de la maison de disque dans laquelle je suis. J'y ai même signé un contrat pour 3 albums. Mais pour ce qui est de l’étranger, je signe ce qu'on appelle des licences comme en Allemagne, en Grèce... Ce sont des petits labels, parfois des majors à l’étranger. C’est même parfois mieux de ne pas être dans une major parce qu’ils ont des filiales à l’étranger mais parfois n’investissent pas pour toi dans les autres pays tandis que si tu
signes une licence avec eux à l’étranger, ils ont tout intérêt à te lancer. Ils te soutiennent davantage parce qu’ils investissent directement.

Elodie: Avez-vous donc l'ambition de vous exporter davantage ?

Imany : Oui j'ai signé des licences en Belgique, en Suisse et ce sera bientôt les Pays-Bas en janvier, l'Allemagne en février.

Margot : J'ai eu la chance de vous voir en première partie de Guillaume Grand en janvier ici-même [ndlr, l’Empreinte] et à cette époque vous n'étiez accompagnée que d'une guitare. Est-ce encore le cas ce soir ?

Imany : Non ! Nous sommes huit ce soir. Il y aura deux violoncelles, une guitare électrique, une guitare acoustique ou deux acoustiques, une basse, une batterie et un clavier.

Margot : Et vous avez une préférence pour les arrangements entre quelque chose de plus dépouillé et un accompagnement plus impressionnant?

Imany : Non, c'est juste différent. Sans, c'est quand même plus simple. Avec les musiciens, on a moins de libertés. C'est différent, j'aime les deux.

Margot : Y aura-t-il une chanson, ce soir, où vous ne serez accompagné que d'une guitare ?

Imany : Seulement au rappel... Si on nous rappelle (rires). On ne rappelle pas toujours, si ? (rires)

Uma: Pourquoi avez-vous choisi comme titre "The Shape of a Broken Heart" pour votre album?

Imany : Je trouvais que ce titre était plus beau que les autres titres.

Marie Ranieri : En effet. En même temps, cette chanson évoque l’Afrique et c’est la seule de l’album à le faire. Toutes les autres parlent de ruptures…

Imany : Oui, mais ce titre a aussi été choisi car il pouvait refléter un amour brisé mais pas mort. Les paroles parlent de l’Afrique comme d’un cœur brisé. C’est ce qui fait le lien avec les autres chansons.

Margot : Les paroles de vos chansons évoquent souvent la perte d'identité. Pourquoi ce sujet est-il récurrent ?

Imany : C'est plutôt la quête d'identité! À 32 ans, j'ai compris certaines choses de la vie. On se cherche, on fait des erreurs... C'est pour ça que ce sujet est assez récurrent. On se prend un premier mur, puis un deuxième, un troisième et avec l’expérience, le quatrième on le voit venir.

Uma: Quel sera votre deuxième single? La sortie est-elle déjà prévue?

Imany : Mon deuxième single s'intitulera "Please and change". La sortie est prévue pour la rentrée de janvier.

Uma: Dans cette chanson justement, vous dîtes en parlant de l'homme : "tu ne changeras jamais". Le pensez-vous vraiment?

Imany : Non, je pense que l’on peut changer si on le veut ! Je pense sinon que quoi que l'on fasse pour changer son homme, il ne changera jamais. Si lui veut changer, c’est possible. Mais s’il ne veut pas, il n’y a rien à faire. Tu perds ton temps. C’est plus rapide de changer de mec. (rires)

Mélanie : Dans un de vos titres « Slow down », il y a des chœurs dans une langue africaine. Quel est le sens de ces paroles ?

Imany : C’est Djeneba Koné, une jeune femme de dix-neuf ans qui chante avec moi sur ce titre. Elle a une jolie voix et elle sera d’ailleurs là ce soir. Ces paroles disent qu’il faut prendre son temps et qu’il ne faut pas lutter contre les choses qui sont inévitables.

Elodie : Votre clip "you will never know" est très narratif et assez proche d'un court métrage. Qui a eu cette idée ?

Imany : On m'a apporté l'idée d'un triptyque qui est en fait un court métrage de 20 minutes divisé en 3 clips. Ça me plaisait tout ce coté narratif, ce "truc" cinématographique, comme dans les clips des années 90. Comme je suis dans une indé, on a très peu de moyens c'est donc moi qui ai réalisé la coiffure, le maquillage et le stylisme. On a effectué le tournage à Cuba car c'est une ancienne industrie cinématographique, du coup on a obtenu des vêtements des années 50 stockés dans de grands hangars pour peu cher. De plus c'est ensoleillé, il y a beaucoup de monde donc ça correspondait aux besoins du clip et au petit budget.

Elodie : Vous avez récemment rencontré Amen Viana et enregistré ensemble en acoustique une reprise de « Redemption Song » de Bob Marley que l’on peut voir sur youtube. Qui a contacté qui ?

Imany : Je le connaissais déjà car on avait chanté lors d'un showcase Puma à l'occasion de la coupe du monde de football. On fait tous les deux également parti d'un collectif, AFRIQUE EN SCENE, et l'idée c'était de faire un duo avec l'un des artistes. Je ne connaissais personne à part lui, c'est donc naturellement qu'on l’a enregistré ensemble un duo. Pour ce qui est du choix de la chanson, Amen la connaissait déjà bien à la guitare, moi aussi donc ça s'est fait assez
rapidement. C’était la seule chanson qu’on avait tous les deux à notre répertoire.

Margot : Y a-t-il des collaborations prévues avec d’autres artistes?

Imany : Non, pas encore. Je n’ai même pas le temps de rentrer chez moi pour regarder la télé en ce moment. Pour organiser une collaboration, il faut avoir du temps.

Elodie : Dans quelques semaines, Mariama, une jeune chanteuse allemande très peu connue du public mais très douée, se produira en 1ère partie à l’un de vos concerts. Avez-vous votre mot à dire pour les premières parties?

Imany : Non, je n'ai pas mon mot à dire pour ce qui est des premières parties. Mais quand il s'agit de grandes salles parisiennes, j'essaye quand même d'avoir le choix.

Publié dans : Interviews - Par Propos recueillis par Elodie Schnerber, Margot Lusson, Mélanie Smiraglia, Uma Joas et Marie Ranieri.
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 16:46

C’est Charles-Baptiste, un jeune chanteur originaire de Pau, qui ouvre la soirée avec ses mélodies qu’il accompagne seul à la guitare.
Facétieux avec le public, le chanteur au ton décalé semble ravir les spectateurs présents avec ses chansons humoristiques comme « Je ne quitterai pas ma femme pour toi » ou encore « En route pour l’Oscar ».
Ces chansons amusantes évoquent souvent des histoires quelque peu banales, mais la présence de l’artiste et le ton décalé leur confèrent un côté bien plus original. « C’était Charles-Baptiste et c’est mon prénom ! ». Cette originalité fantasque est aussi ce qui caractérise l’artiste principale de la soirée, Luce.
L’étonnante lauréate de la Nouvelle Star 2010 a enfin entamé sa tournée nationale, et a donné un show le 16 octobre dernier à L’Empreinte. Les fans de la première heure ont répondu présent ; l’excentricité est leur mot d’ordre : perruque rouge, vêtements aux couleurs bariolées… Autant d’accessoires qui caractérisent si bien la jeune Luce.
Luce entre sur scène en dansant, vêtue d’une robe verte à fleurs qui contraste avec son collant et ses bottes rose bonbon. Cela annonce la couleur du concert : coloré et drôle ! Luce évolue dans un univers rétro-fantaisiste: lampadaires, abat-jours mais aussi un fauteuil gonflable d’un orange aussi pimpant que la chevelure de Luce… Des
nuages à l’arrière-plan nous transportent directement dans son atmosphère teintée de rêves d’amour et d’humour. Mais la lumière tamisée, obscurcissant les nuages et l’espace coloré, nous transporte dans des thèmes plus graves, comme dans "La maladie d'Alzheimer" et "Happée coulée" mais toujours saupoudrés d’une pointe d’humour.
Entre deux chansons, Luce prend le temps de nous expliquer comment faire une compote de pomme, c’est « L’interlude Compote » dit-elle.
Cet interlude lui permet d’ailleurs de présenter chacun de ses musiciens (les deux guitaristes, le pianiste et le batteur). Luce viendra même faire goûter la compote fraichement prête à l’un des (heureux !) spectateurs.
La demoiselle est proche de son public, elle interagit avec lui à plusieurs reprises : avant d’interpréter la chanson « Elise », Luce nomme l’un des spectateurs Elise ; durant la chanson « Western Spaghetti », elle lance un chapeau de cowboy à l’un des spectateurs et vient même danser avec lui dans la salle ; pour la chanson « J’aime la pluie », Luce revêt un k-way et descend de nouveau dans la salle en aspergeant le public avec un vaporisateur d’eau.
Luce mérite sa place parmi les grands de la variété française, de part sa créativité, son énergie sur scène et son talent certain ! On sort du concert le sourire aux lèvres, après avoir fait plaisir à nos oreilles, avoir ri et, étant ravi du moment passé en la charmante compagnie de Luce.

Publié dans : Chroniques - Par Par Mélanie Bottin, William Gareau et Aurélie Tran.
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 10:51

Marie-Olympe : Tu es originaire de Nice. Pourquoi as-tu quitté cette ville ?

Medi : C’était il y a longtemps déjà. J’avais dix-huit ans quand je suis parti. J’en ai trente-deux aujourd’hui. Je suis parti parce qu’en fait c’était essentiel pour moi d’aller voir ce qui se passait ailleurs, du côté musical surtout, même si j’ai appris des tonnes de trucs à Nice qui me servent encore aujourd’hui, qui me servent tous les jours parce qu’il y a plein de musique dans cette ville. C’est une ville qui a une mauvaise image quand on entend un peu tout ce qu’on en dit mais ce n’est pas ce que j’ai vécu moi là-bas. Pour moi, c’était vraiment les concerts dans les bars depuis tout petit. Malgré tout ça, j’avais envie d’aller voir un peu ce qui se passait du côté de l’Angleterre et apprendre à écrire des chansons. Je suis parti de Nice pour écrire des chansons mais j’y reviens tout le temps.

Mélanie : J’ai vu que tu étais rentré tôt au Conservatoire. Tu as commencé par la batterie ?

Medi : Ouais, ouais, c’était en batterie. Je ne me rappelle même plus comment ça s’est fait parce que j’étais vraiment tout petit. Mes parents m’ont dit qu’ils m’avaient offert une batterie, qui était un jouet, et j’ai tapé dessus tous les jours et du coup, ils ont décidé de me mettre au Conservatoire. Mais j’ai été chanceux parce que le niveau du Conservatoire à Nice est super bon et il y a une grande tradition du jazz et de batteurs à Nice. Et j’ai appris avec la famille Ceccarelli.

Marie Ranieri : Il y a un festival de jazz réputé…

Medi : Ouais, c’est ça. Donc quand on était petits, on allait au festival. Donc du coup, le Conservatoire, ça a été un peu ma deuxième école. J’étais au Conservatoire tous les jours. J’y allais en sortant des cours, de sept ans à dix-huit ans.

Marie Ranieri : Mais quand tu étais jeune, est-ce que tu as hésité entre la musique et autre chose ?

Medi : Ouais, comme tout le monde, quand on veut faire comme les copains ou dire comme les copains, « je veux être vétérinaire ». Non mais je crois que j’ai toujours su que j’allais faire de la musique. Après, à un moment donné, je faisais plein de sport. Mais il fallait être trop sérieux.

Mélanie : Tu joues de combien d’instruments ?

Medi : En tout cas sur le disque, je joue de la basse, de la batterie, de la guitare, du clavier…

Marie Ranieri : C’est toi qui joue tous les instruments, non ?

Medi : Ouais, presque. Après on a quand même invité des musiciens que je ne connaissais pas mais c’est le producteur Tony Berg qui avait très envie que l’on fasse venir un gars qui joue de l’orgue Hammond et ça, c’est un vrai instrument. Les mecs qui jouent de l’orgue Hammond disent qu’ils ne jouent que ça, et même pas vraiment du piano. J’adore le son de cet instrument et on a appelé un mec qui s’appelle Mike Finnigan. C’est le gars qui a joué avec Hendrix sur des trucs énormes.

Marie Ranieri : Et donc ça, c’est l’idée du réalisateur ?

Medi : Ouais. C’est tout l’intérêt du réalisateur. Ils sont là justement pour t’apporter des idées que t’as pas eu et j’ai été hyper bien loti avec Tony Berg. C’est un vrai musicien qui a fait des tonnes de trucs. Il m’a donné quelques petites idées comme ça, des idées de pistes qui m’ont vraiment plu.

Dharvin : J’aurais voulu savoir quels styles musicaux t’ont inspiré.

Medi : Il y en a eu plein. Ça dépend des périodes. Quand j’étais vraiment tout petit, ce n’était que du rythm-and-blues et du vieux blues traditionnel. Je n’écoutais que ça. J’ai l’impression que l’on ne choisit pas vraiment ce que l’on écoute quand on est petits. C’est mes parents qui écoutaient ça, et donc du coup j’ai été baigné dans Dylan, James Taylor, des anciens hippies.

Marie Ranieri : Et dans les batteurs que tu aimais bien, qui t’inspiraient…

Medi : Pour les batteurs, c’était John Bonham de Led Zep. C’est le premier groupe que j’ai entendu et qui m’a vraiment donné envie d’être dans un groupe et de jouer fort, de la musique très forte. Mais sinon, il y en a plein d’autres. Il y a Mitch Mitchell aussi, le batteur d’Hendrix. Il y en a plein. Mais pour les genres musicaux, comme je suis quelqu’un d’assez éclectique, je ne me suis jamais arrêté à une seule musique et c’est ce que j’essaie de faire aujourd’hui. C’est vraiment de mélanger un peu tout ce que j’ai écouté. Quand j’ai habité en Angleterre pendant sept ans, là-bas, c’était la BritPop à fond. J’écoutais Blur à fond, j’écoutais évidemment les Beatles comme tout le monde, et tous ces trucs-là. Et puis, je suis revenu vers Stevie Wonder plus tard. J’écoutais de l’electro aussi. Je ne mets aucune barrière.

Marie Ranieri : Et dans les artistes français ?

Medi : Il n’y a presque personne… Presque personne parce que je ne vais pas faire semblant déjà… Enfin si, comme tout le monde, Gainsbourg. Mais c’est vrai que je suis quelqu’un qui n’a pas beaucoup écouté de musique française, de la musique d’aujourd’hui en tout cas. J’ai écouté Brel et Léo Ferré et tout ça et je suis resté un peu scotché sur ce genre d’époque-là. Mais depuis, je dois avouer que je suis allé ailleurs.

Marie-Olympe : Comme s’est créé le « Medicine Show » ?

Medi : C’est un faux nom de groupe. C’était « Medi and the Medicine Show » parce que je jouais déjà de tous les instruments sur mes enregistrements. Donc du coup, j’étais déjà mon propre groupe. Mais après pas mal de soirées passées dans les bars à trois heures du matin à essayer de dire « Medi and the Medicine Show », après quelques bières, c’était trop compliqué et j’ai décidé d’arrêter. Et maintenant, ce n’est que Medi, c’est plus simple. Et les gens le retiennent mieux. En fait, j’avais comme un truc : je trouvais que mon prénom n’était pas cool quand j’étais petit. On ne peut pas s’appeler Medi et faire de la musique. Et en fait, voilà, je me suis débarrassé de ça. En plus quand j’étais petit, il y avait plein de gens qui me sortaient des trucs un peu bizarres : « Tu dois faire du raï, non ? » Non, je ne fais pas de raï. Du coup, j’ai anglicisé mon nom et puis là, à trente ans, on se prend moins la tête et on laisse les gens dire ce qu’ils veulent.

Marie Ranieri : Et d’où vient le nom « Medicine Show » ? Qui a eu l’idée ?

Medi : En fait, les Medicine Shows, c’étaient des groupes de charlatans aux Etats-Unis qui vendaient des élixirs. Je ne sais pas si vous voyez dans les « Lucky Luke ». Donc, c’était juste pour faire appel à ces références que j’ai aussi dans la musique traditionnelle comme le blues…

Marie Ranieri : C’est marrant parce que Medicine, ça commence par Medi justement…

Medi : Oui, bein c’est pour ça ! Comme j’étais mon propre groupe… Mais voilà, là, vous avez compris ce que 95% de gens n’ont pas compris.

Mélanie : Comment tu as rencontré Charlie Winston ?

Medi : À Nice, quand j’avais seize ans.

Mélanie : Tu en parles beaucoup…

Medi : Bein ouais, j’ai la chance d’avoir des potes comme ça qui ont tous évolué dans le bon sens. J’ai grandi dans une communauté de musiciens un peu internationale et encore une fois le Vieux Nice pour moi, c’était un peu ce lieu où tout le monde se rencontrait et on jouait toute la journée, tous les soirs et donc il y avait des Anglais qui passaient par là et qui venaient de temps en temps jouer une semaine dans un bar pour gagner de l’argent, aller au soleil et rencontrer des jolies filles. Et on s’est tous rencontrés à cette époque-là. Il y avait Vasco aussi, qui est quelqu’un avec qui j’écris beaucoup de chansons. Dave Stewart, aussi avec qui j’ai fait mon premier disque, je l’ai rencontré à Nice. Donc, c’est un peu eux les raisons qui ont fait que je suis parti à Londres. Et avec Charlie, on a été potes et on a partagé plein d’influences mais on n’a jamais vraiment bossé ensemble jusqu’à il y a quatre ans où il se baladait dans les rues de Paris par hasard et je suis retombé sur lui. Moi, je m’étais barré de Londres. Cela faisait peut-être un ou deux ans que j’habitais à Paris et lui, il se faisait un voyage en Europe et il était à Paris pour son stop prévu et finalement son stop en France a été assez important puisqu’il n’est pas reparti. Et là, on s’est dit qu’on allait faire de la musique ensemble et monter des projets. On avait chacun nos groupes mais on avait envie justement d’aller plus vers un esprit communautaire. On partage plein de choses comme ça avec Charlie, avec son frère Tom Baxter, avec Vasco, avec Michael Rault. On est vraiment une bande de potes avec le Niçois Jil Is Lucky aussi.

Marie Ranieri : Quand tu es batteur de Charlie Winston, c’est de la collaboration aussi ? Ce n’est pas juste tu fais ce qu’on te dit ?

Medi : Oui, on fait de la musique ensemble. Là, on a fait le deuxième ensemble. On arrange surtout avec Charlie. Après, c’est lui qui écrit ses chansons. On est un groupe en fait, on est un vrai groupe depuis le premier album. Et puis en plus quand on a la chance d’avoir un disque qui a aussi bien marché et qu’on sait qu’on l’a fait ensemble, on se dit peut-être qu’il y a un petit son qu’on fait tous les quatre qui fait que ça fonctionne.

Mélanie : Vous ne voulez pas former un vrai groupe ?

Medi : Encore une fois, moi, je n’ai pas besoin d’avoir le nom de groupe pour me sentir impliqué dans quelque chose. C’est une histoire d’ego. Déjà les disques qu’on fait comme ça avec lui et moi en tant que batteur, comme je suis aussi chanteur, il n’y a jamais une chanson qui se fait sans mon avis, donc on est vraiment un groupe. Mais, sinon, pour un vrai groupe, il faudrait peut-être une chanson avant un disque. On en a fait mais c’est pour rigoler.

Marie Ranieri : Mais, comment cela va-t-il se passer puisqu’il sort son album en novembre ? Est-ce que tu l’accompagnes parce que tu as ta tournée à toi déjà ?

Medi : Je l’accompagne.

Marie Ranieri : Donc, tu vas faire les deux ?

Medi : Ouais, je vais faire les deux.

Marie Ranieri  et Mélanie : Courage alors !

Medi : Je ne sais pas. On ne se rend pas compte. Mais après, j’ai vraiment tendance à m’emmerder si je ne fais rien donc plus j’ai de projets musicaux comme ça et mieux je me porte. Mais, c’est vrai que l’année va être bien chaude. [rires]

Dharvin : Est-ce que c’est difficile de passer de musicien à chanteur ?

Medi : Oui, c’est vrai, ce n’est pas le même exercice.

Marie Ranieri : Ce n’est pas la même attitude vis-à-vis du public. Derrière la batterie, on est plus protégé.

Medi : Ouais, c’est ça, voilà. Mais en fait, après des années, je suis à l’aise, je ne me pose plus autant de questions. Tu m’aurais posé la question il y a dix ans, j’étais encore un peu plus en train de chercher. Je ne savais même pas si j’étais batteur mais maintenant j’ai compris que j’étais tout à la fois. C’est une question d’identité. Moi, je n’ai pas trop de mal à passer de l’un à l’autre. Mais on a plus les boules quand on est chanteur.

Marie-Olympe : Le titre de ton dernier album, « You Got Me (Moving) », a-t-il une signification particulière ?

Medi : Ouais il en a deux. C’est pour ça que j’ai mis le « moving » entre parenthèses. Bein déjà, c’est un disque que je voulais plein de swing. Je voulais que des gens se mettent à danser tout simplement en écoutant ma musique. Et le fait de mettre le « moving » entre parenthèses, c’est aussi une histoire de sentiments, tout ce qui a pu bouger dans les entrailles des uns et des autres, dans le bon comme dans le mauvais sens.

Mélanie : D’ailleurs, tu dis souvent « you » dans tes chansons. Tu t’adresses à quelqu’un en particulier ?

Medi : Y a des fois où c’est adressé à quelqu’un en particulier. Mais j’aime bien garder mes petits secrets sur ça. Ce n’est pas que ma vie à 100%. Des fois, je prends des sujets qui ne me sont vraiment pas arrivés. J’entends un pote parler de quelque chose et je vais écrire une chanson pour lui. Des fois, je vole des idées aux autres. Par exemple, « I Know What You Did » : j’ai volé l’idée à un mec qui criait dans un parc à Londres, un gars que je ne connaissais pas et qui hurlait ça au téléphone je ne sais pas sur qui, peut-être à un autre mec ou sa nana. Mais pendant cinq minutes, il a hurlé ça au téléphone. Et moi j’étais tellement curieux de savoir ce que la personne avait pu faire. J’étais déçu parce que je n’ai jamais compris ce que la personne avait fait et donc du coup j’ai fait une chanson sur la paranoïa. Ce moment-là, où on voit la personne rentrer à la maison, et on dit à la personne, « Ah toi, je sais ce que tu as fait » et on a aucun argument qui le prouve. Donc, c’est pas toujours mes histoires. Mais il y en a qui sont beaucoup plus personnelles pour différentes raisons mais j’aime bien laisser le doute. J’espère toujours que ça peut être l’histoire des autres et pas que la mienne.

Marie-Olympe : Tu peux nous parler de ton label Atmosphériques ?

Medi : C’est un super label vraiment ! Y a un truc qui est marrant. Moi, j’ai toujours entendu chez les musiciens, « Ah les maisons de disque !» J’ai toujours été fan de l’époque où les choses se faisaient en équipe, que ce soit sur les disques et après, les vieux labels comme Motown ou Magic Records. J’étais fan de ça et j’avais toujours en tête qu’un jour je trouverai ce genre de labels-là et je l’ai trouvé avec Atmosphériques. Mais c’est vrai que les temps sont durs pour trouver un bon label aujourd’hui qui soit humain.

Marie Ranieri : En tout cas, ils mettent particulièrement en avant leurs artistes avec de nombreuses vidéos sur youtube.

Medi : Ouais, et puis quand Marc Thonon, le patron de la maison de disque, c’est le DA, le directeur artistique d’Atmosphériques, quand il a décidé de suivre quelqu’un, il le suit pour des années. Même si après par la force des choses il va s’arrêter de bosser avec tel ou tel artiste, je le vois tout le temps encore s’occuper de savoir ce qui se passe chez Gaëtan Roussel ou Louise Attaque. C’est lui qui a commencé avec Louise Attaque. Même s’ils ne bossent plus dans le même label, il reste encore très fidèle et pour un artiste c’est hyper-important.

Marie Ranieri : On ressent dans les vidéos qu’ils mettent en ligne une sincère admiration pour leurs artistes. Ils vous suivent beaucoup. Je pense au clip tourné dans une voiture où tu chantes « You Got Me (Moving) »…

Medi : Bein en fait, pour le coup, ça s’était mon idée. C’est moi qui aie demandé à ce qu’on ait un réalisateur qui vienne tout filmer ce que l’on faisait à Los Angeles. Et ce qui est bien justement, quand on a un bon label comme Atmosphériques, quand on a des idées, on leur en parle et la plupart des temps ils vont te suivre et c’est vachement important. On est quand même là à donner une grande partie de soi-même.

Marie Ranieri : On sent que les liens sont proches, que l’on n’est pas dans une entreprise purement commerciale…

Medi : Ouais, ouais, complètement. C’est un petit label qui a un savoir-faire depuis longtemps.

Marie Ranieri : Oui, on sent que l’artistique prime. Justement, je voudrais revenir sur tes chansons. Plusieurs chansons commencent directement avec ta voix, sans intro instrumentale. Je voulais savoir si cela venait de toi ou si c’était une idée de Tony Berg.

Medi : J’ai parfois une mémoire qui laisse à désirer. J’essaie de me rappeler… Par exemple, « How Would You Do It », c’était une idée à moi parce que j’essaie toujours de chercher l’originalité dans les choses les plus simples. D’habitude, il y a toujours une intro et je pense que la voix peut-être un gimmick.

Marie Ranieri : Mais c’est vraiment caractéristique puisque cela est récurrent sur les premières chansons de l’album.

Medi : Ouais ouais mais c’est un disque qu’on a monté autour de la batterie et de la voix essentiellement. Et on s’est dit que ce n’était peut-être pas une mauvaise idée au lieu d’avoir une grande intro de guitare, qu’on ait juste la voix, qui soit le hook comme on dit.

Marie Ranieri : Justement, à propos de « How Would You Do It », moi, ça me fait penser à « La Fièvre du Samedi Soir.»

Medi : [rires] Ouais ouais c’est cool ça.

Marie Ranieri : J’écoute cette chanson et j’ai l’impression que la chanson fait partie de la BO du film…

Medi : C’est marrant. C’est le côté dancefloor ?

Marie Ranieri : Oui, c’est ça  en fait.

Medi : Bein, ça me va tout à fait.

Marie Ranieri : Moi, je vois Travolta en train de danser.

Medi : Bein c’est super.

Marie Ranieri : C’est la première fois qu’on te le dit ?

Medi : Ouais.

Marie Ranieri : [rires] Peut-être que la référence n’est pas bonne si c’est la première fois qu’on te le dit…

Medi : Non, mais elle est bien. J’aime bien ta référence. En même temps, je suis quelqu’un qui sort beaucoup et qui aime bien faire la fête. Et quand je suis dans un bar et que j’entends tout à coup « How Would You Do It » et que je vois les gens danser, je suis content car c’est exactement ça que je voulais faire, avec ce genre de musique en plus.

Dharvin : C’est un style très années 70 en fait, autant pour la musique que les photos de l’album.

Medi : C’est inspiré mais en même temps, il y a un mélange en fait. On parle des années 70, mais tu vois dans les clips des années 70, il n’y avait pas de techniques 3D comme on a mis derrière moi par exemple. Je m’inspire toujours d’une époque donnée, d’un moment mais je n’essaie pas de faire un pastiche parce que ça, ça me fait un peu peur tu vois. Quand tu recrées complètement ce qui s’est déjà fait avant, pour moi, ça n’a aucun intérêt. Par exemple dans « How Would You Do It », la chanson au départ, elle existait d’une certaine manière mais la batterie ne me plaisait pas et donc à la place de jouer de la batterie, j’ai pris une machine un peu comme dans les disques électro. Ça s’entend un peu. Donc là pour le coup, c’est une machine. Et dans les années 70, c’était pas très vintage. Ces trucs-là, ça ne se faisait pas beaucoup. Donc, il y a toujours un mélange un peu plus subtil j’espère.

Dharvin : Et les photos ? Qui est le photographe ?

Medi : C’est une fille qui s’appelle Maëlle André. C’est une Belge. Elle est de Bruxelles. J’ai vu son travail sur le net et il se trouvait que j’avais une copine que j’ai reconnue sur certaines de ses photos donc je suis rentré en contact avec elle et on l’a faite venir à Los Angeles parce que j’étais là-bas. Et la nana est arrivée, elle avait vingt, vingt-et-un ans. C’était son premier boulot. Je trouvais ça génial, cette espèce de rencontre. Encore une fois, quand t’es à Atmosphériques, tu vois cette fille, elle n’avait jamais fait de boulot et ils disent oui tout de suite et c’est génial parce que tout le monde m’a parlé de ces photos. Elle a une touche qui est très reconnaissable. Et d’ailleurs, il faudrait aller voir parce que maintenant elle a fait plein d’autres trucs. Je crois que son site, c’est maelleandre.com.

Mélanie : Et par rapport à la tournée, est-ce qu’il y a une salle que tu espères faire, que tu vises comme objectif?

Medi : Une salle ? Ouais, mais en fait, je ne sais pas si je vais y arriver. Quand j’étais petit, je regardais à fond le concert de Led Zep au Madison Square Garden, à New York.

Marie Ranieri : [rires] Nous, on pensait à la France…

Medi : Oauis, mais en France, j’ai fait presque toutes les salles que ce soit pour ma musique ou pour accompagner. Là, je fais référence à des rêves d’enfant. Quand j’étais enfant, je regardais le concert de Led Zep pendant trois heures d’affilée. Et je me souviens même des délires que je faisais. Je me disais, « je suis sûr que c’est mon père là-bas, Robert Plant ». Parce qu’ils avaient à peu près la même gueule quand ils étaient jeunes avec des cheveux bien longs et tout. Je me disais, « putain, c’est mon père et il ne me l’a pas dit ». J’étais déçu quand mon père m’a dit, « je te promets, ce n’est pas moi ». Là, j’avais neuf-dix ans. Donc, ce fameux live, il est au Madison Square Garden. C’est un rêve d’enfant et je ne sais pas si je vais y arriver.

Mélanie : Je crois que tu as fait les cœurs d’U2.  Est-ce que ça t’a aidé pour la suite ?

Medi : Non, juste pour raconter des histoires. C’était une époque où j’étais un peu… enfin Dave Stewart m’avais pris sous son aile. Dave Stewart, c’est le mec d’Eurythmics. J’avais vingt ans et ce qui était cool, c’est qu’il me faisait faire plein de choses en Angleterre avec plein de gens super connus mais en me rappelant que c'était rien tout ça, que le plus important c’était d’écrire des chansons et qu'un jour je trouverais ma propre identité, mon son. En tout cas, c’est un mec qui a été super proche de moi au début. Après, c’est comme tout, il y a une distance. Mais les trucs que j’ai fait avec U2, c'était vraiment incroyable pour le côté conte de fée. Mais c’est peut-être en fait une des fois où j’ai le moins chanté dans ma vie : j'ai dû faire deux "Ah ah ah", deux "Ouh ouh ouh" sur scène. Mais par contre, j’ai appris beaucoup en les regardant. Quand je regardais The Edge faire son son, je regardais ses pédales. C’est génial de pouvoir être là, aussi proche de gars qui ont inventé des tonnes de choses. J’ai eu de la chance d’avoir eu autour de moi des gens qui m’ont rappelé qu’il faut rester humble, les pieds sur terre et bosser.

Marie Ranieri : Pour revenir sur la Californie et New York, tout à l’heure tu parlais du Madison Square Garden, est-ce que tu as songé à t’installer aux Etats-Unis ? Quand on chante en anglais, on y pense parfois, non ?

Medi : Bein, moi j’ai vécu sept ans à Londres et ça me fait du bien d’être en France un peu. Et puis, on voyage tellement facilement aujourd’hui. Je passe déjà quatre-cinq mois de l’année à Los Angeles depuis trois ans et je ne crois pas que je pourrais vivre à 100% dans ce pays parce qu’il y a quand même des choses qui m’emmerdent tous les jours. Il y a des choses incroyables mais après tu tournes la tête et tu vois un truc et tu te dis, non ce n’est pas possible que la connerie existe autant. Donc, du coup, je ne ressens plus le besoin de m’installer à fond quelque part parce qu’en plus, je suis sûr que si je me mets à Los Angeles, j’en aurai ras-le-bol et je me dirais, là, maintenant, c’est Berlin. Non, maintenant, je suis sur Paris et c’est bien.

Publié dans : Interviews - Par Propos recueillis par Marie-Olympe Duponchelle, Mélanie Bottin, Dharvin Teeluck et Marie Ranieri.
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 14:47

Margot Lusson : Pourquoi est-ce que vous avez choisi un décor assez urbain pour la pochette de votre précédent album et l’affiche de cette tournée ?
Jena Lee : Tu trouves ça urbain, toi ?


Margot Lusson et Marie Ranieri : Oui, l’arrière-plan ! Toutes ces tours de nuit…
Jena Lee : Moi, j’trouve pas ça urbain en fait. C’est peut-être parce que c’est un mec de l’urbain, un mec qui a travaillé sur de l’urbain qui a fait ça. Il s’occupe de tous les rappeurs, donc c’est peut-être ça le côté urbain que vous avez perçu. Moi, j’le vois pas. Moi, je regarde que moi aussi sur l’affiche ! (rires)


Elodie Schneberger : Quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer ?
Jena Lee : Y en a beaucoup dans les internationaux : Justin Timberlake et Britney Spears. Pas pour faire des duos mais au-moins pour écrire des chansons ou des trucs comme ça.


Marie Ranieri : Du coup, vous le feriez en anglais…
Jena Lee : Ouais…


Marie Ranieri : Vous ne chantez pas en anglais…
Jena Lee : Si en secret. (rires) Personne ne le sait. (rires) Non, c’est vrai que j’écris aussi des chansons en anglais. C’est pour d’autres projets. Pour des collaborations, Justin Timberlake et Britney Spears, ce sont les premiers qui me viennent en tête. Après, il y a un compositeur qui s’appelle Max Martin et lui, je veux vraiment bosser avec lui.


Marie Ranieri : Et vous y pensez à l’anglais ?
Jena Lee : Ça trotte toujours ans la tête d’un artiste français. (rires) Une carrière internationale, ça fait toujours rêver. Mais y a personne qu’a vraiment réussi à vraiment marcher en tant que Français à l’international.


Marie Ranieri : Vous pensez que c’est trop risqué de toute façon ?
Jena Lee : C’est risqué, ouais. Faut vraiment avoir ce côté- je pense qu’il faut vraiment vivre aux Etats-Unis pour vraiment d’imprégner de ce côté américain parce que les Américains sont super pros. Il faut avoir du potentiel et je crois pas que je l’ai encore.


Sarah Cigdem : Je voulais quels sont les artistes qui vous influencent le plus.
Jena Lee : Bein, Justin Timberlake et Britney Spears, mais c’est surtout Max Martin, le compositeur dont j’ai parlé tout à l’heure qui a fait tous les derniers tubes de tout le monde : le dernier Usher, le dernier Britney Spears… C’est un génie pour moi ! (rires)

 

Johanna Gagnol : Et comment définissez-vous l’Emo RnB ?
Jena Lee : J’ai voulu appeler mon style Emo RnB parce que je ne voulais qu’on me mette tout simplement dans la case RnB. Emo, ça veut tout simplement dire Emotional. Ça veut pas dire « emocore ». Chépa si vous connaissez le punk un peu. On m’a souvent fait le rapprochement mais pas du tout. Je ne fais pas d’emocore. Voilà, moi, je fais du Emotional RnB. C’est juste pour me différencier. Moi, j’aime beaucoup les guitares.


Margot Lusson: Vous jouez de la guitare ?
Jena Lee : Non, j’essaie… J’es-saie d’apprendre ! (rires)


Margot Lusson : Vous avez appris la musique en autodidacte ?
Jena Lee : J’ai fait beaucoup de violon et de solfège… Sept ans de violon. Mais c’est vrai qu’après j’ai oublié les notes en fait. Je ne me basais plus sur les notes. Je faisais vraiment à l’oreille et pendant des années, j’ai fait tout le temps à l’oreille et donc là je ne regarde plus les notes.


Margot Lusson : Vos textes sont assez sombres. Même dans les clips, c’est plutôt des couleurs obscures. Pourquoi ce choix ?
Jena Lee Parce que j’aime bien tout ce qui est mélancolique un peu. J’ai beaucoup plus de facilité pour faire des mélodies mélancoliques et pour écrire des textes tristes que des textes « happy ». Je me suis forcée genre « US Boy », c’est un peu plus drôle, un peu plus second degré. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup plus de facilité, c’est plus moi en fait le côté triste.


Marie Ranieri : C’est drôle parce que Britney Spears, c’est pas très-

Jena Lee : Bein justement c’est pour ça. J’ai vraiment cette culture pop US et j’ai un peu mon côté Linkin Park, Evanescence, ils vont se tirer une balle... (rires)


Elodie Schneberger : Justement dans ces chansons tristes comme «Redeviens toi-même », beaucoup abordent les questions d’identité-
Jena Lee :  Oui, surtout dans le premier album. Dans le deuxième, il y a un peu plus de tout. Mais le premier album, c’est vraiment axé sur mon mal être adolescent et mon passé.


Margot Lusson : Et ça vous fait quoi de voir toutes ces jeunes filles habillées comme vous, transformées en mini-Jena Lee ?
Marie Ranieri : Parce que dans vos chansons vous critiquez ce clonage…
Jena Lee Je trouve que voilà, il faut qu’elles trouvent leur style et c’est dommage qu’elles prennent celui de quelqu’un d’autre…


Marie Ranieri : En même temps, c’est un honneur-
Jena Lee : Oui, en même temps, c’est super flatteur-


Marie Ranieri : C’est flatteur et flippant.
Jena Lee : Pas flippant. Pas flippant. C’est pas le mot. Non, je ne me permettrais pas. (rires) Flatteur et en même temps dommage. Dommage pour elles.


Johanna Gagnol : Vous connaissez des artistes qui se réclament du Emo RnB ?
Jena Lee : Non. Je pense que c’est un terme qui a été assez mal employé par les médias. C’est peut-être pour le côté emocore pour le coup parce qu’il y a beaucoup de remarques négatives. Je ne suis pas « emo » voilà ! (rires)


Marie Ranieri : Vous n’avez pas des jeunes artistes qui vous envoient des compositions en vous disant-
Jena Lee : Ça arrive.


Marie Ranieri : Enfin, pas vous en vous imitant mais en s’inspirant de vous…
Jena Lee : Oui, mais ils ne vont pas l’appeler comme ça. De toute façon, beaucoup de gens le font. Rihanna, elle l’a fait. Elle met des guitares. Justin Timberlake l’a fait. Y a d’autres gens qui savent mêler les guitares à l’urbain sans appeler ça Emo RnB. Moi, j’ai fait ça en France, parce que déjà comme ça, ça fait parler les médias (rires) et pour ne pas qu’on me mette dans la case RnB, parce que ça, c’était sûr, c’était sûr…


Sarah Cigdem : C’est votre deuxième date à l’Empreinte. Ils avaient dû rajouter une date parce que le premier avait été rapidement complet…
Jena Lee : Oui, il y avait eu des réclamations parce que certains n’avaient pu avoir de billets…


Sarah Cigdem : Quel souvenir vous gardez du premier concert ?
Jena Lee : Je m’en souviens pas en fait… Je me souviens parfaitement de la salle. Mais le concert de ce soir sera meilleur. Je n’avais pas été très satisfaite de moi après le premier concert, c’est ça en fait. Ça arrive… (rires)


Margot Lusson : Dans votre chanson « Le temps », vous évoquez beaucoup la peur de vieillir.
Jena Lee : Ah ouais, ouais.


Margot Lusson : Est-ce que ça reflète aussi la peur de perdre votre succès ?
Jena Lee : C’est très bien tourné. Euh… non.


Marie Ranieri : C’est plus part rapport au physique ?
Jena Lee : Euh…


Marie Ranieri : Euh, chépa. C’est vraiment un truc de filles en même temps.
Jena Lee : Ouais, c’est un truc de filles. Dans mes chansons, je me rajeunis. Mais, en même temps, je le fais inconsciemment. Mais la peur de perdre le succès, elle y est. Oui, j’ai peur.


Marie Ranieri : Est-ce qu’il n’y a pas aussi une crainte liée à une maturité musicale ? Déjà, entre votre premier et votre deuxième album : le premier abordait les questions d’identité, le deuxième est plus ouvert. Il y a une évolution naturelle dans les thèmes abordés.
Jena Lee : Complètement ! Déjà, quand je regarde le premier album, ça ne me correspond plus. Même le deuxième. Quand je suis sur scène, je dis cette chanson-là, je ne veux plus la chanter. Je ne ressens plus la même chose et c’est super dur parce que le public, lui, il attend les chansons ! (rires) De toute façon, tous les artistes ont ce problème-là.


Marie Ranieri : C’est le problème aussi quand on change de style. Par exemple, Jenifer avec son dernier album. Il n’a pas beaucoup marché. 30.000 ventes seulement.
Jena Lee : On peut perdre du public oui en changeant. Après, c’est un risque à prendre. À un moment, on fait le choix de faire ce que l’on aime ou ce qui plaît aux gens. Au début, on est obligés de faire ce qui plaît aux gens, ça c’est le cas de beaucoup d’interprètes. Moi, c’est pas mon problème parce que j’aime bien ce que je fais. Mais pour beaucoup d’interprètes, on leur impose ce qu’ils font.


Marie Ranieri : Vous vous réalisez vos propres albums.
Jena Lee : Oui, c’est ça. Donc, du coup, je n’ai pas ce problème là. Mais c’est le problème de beaucoup d’interprètes, on t’impose un truc et après au fur et à mesure, tu peux imposer ton style. Le problème, c’est qu’en général, ça marche pas.


Sarah Cigdem : Vous avez un contrat avec Universal, une major-
Jena Lee : C’était un contrat pour deux albums, donc là je suis libre d’édition. Là, j’ai plus rien. On peut renégocier un contrat, du coup, on va mettre plusieurs maisons de disques en concurrence. C’est comme ça que ça se passe en général.


Marie Ranieri : Et dès le début, vous aviez dit deux albums ?
Jena Lee : Bein, c’est eux qu’ont proposé. C’est pas moi. J’ai pris ce qu’ils m’ont donné. Déjà, c’était bien deux albums. C’est rare pour une artiste qui n’a rien fait vraiment.


Marie Ranieri : Et au niveau des contraintes, est-ce qu’il y avait des contraintes artistiques ?
Jena Lee : Zéro contrainte artistique.


Margot Lusson : Vous avez choisi quel single allaient sortir en premier?
Jena Lee : Ouais, on participe. On le fait tous ensemble. On fait des réunions. On se dit quel single serait le mieux, quelle chanson serait la plus belle à clipper aussi. Là, j’avais choisi « Je rêve en enfer » au début. Malheureusement, avec le réalisateur, on en pouvait pas faire le clip ensemble, donc on a switché direct sur « US Boy ». Mais à la base, je voulais quand même commencer le deuxième album par « Je rêve en enfer », donc j’étais un peu déçue.


Margot Lusson : Vous avez fait un duo avec Orelsan et Rohff. Comment ça s’est passé ?
Jena Lee : Orel, je l’ai connu avant qu’il soit connu et il m’a connu avant que je ne sois connue. On est devenus amis tout simplement. Je lui ai demandé un feat. Et il a accepté trois ans après. J’ai attendu trois ans. (rires) Non, il m’a dit, il parle comme ça, « Je veux d’abord arriver avec ma musique, tu vois, Jena ! » (rires) Il voulait pas arriver avec moi, il voulait arriver seul. Et pour Rohff, là, c’est lui qui a demandé ce featuring. Je ne connais rien à ce qu’il fait, à part la chanson « Faut pas déconner ». Donc, c’est mon manager qui m’a dit « accepte » parce que c’est un des meilleurs rappeurs français. Là, je l’ai rencontré.


Marie Ranieri : Vous avez d’abord écouté quand même ?
Jena Lee : Non. Il m’a fait venir à son studio. Il m’a fait écouter plusieurs instru et m’a demandé, « laquelle tu préfères ? ». Après, il m’a raconté son histoire. Lanson porte sur un épisode de son passé. Et j’étais là, il parlait de prison, des trucs de ouf, et moi, je viens de province, de ma ville de mille habitants et j’étais là, je le regarde et je fais, « on a pas du tout eu la même vie ! » (rires) Ça l’a fait rire et du coup, on a écrit ensemble. Il écrit tellement bien, il écrit vraiment au feeling. Je l’ai vu travailler et c’était vraiment beau de voir quelqu’un écrire direct super bien. Moi, il faut que je travaille, que je remodifie mais lui, c’est direct… Donc, belle rencontre.


Margot Lusson : Vous avez dit que vous n’écriviez que quand ça va mal, que c’était comme une thérapie en fait.
Jena Lee : C’est plus facile d’écrire- disons que, c’est pas que j’écris quand je ne vais pas bien, c’est que les plus belles choses que j’ai faites, c’est quand j’allais pas bien. « J’aimerais tellement » par exemple, c’était après une rupture.


Sarah Cigdem : Qu’est-ce qu’il y a sur votre mp3 en ce moment ?
Jena Lee : Beaucoup de Backstreet Boys, de Jonas Brothers.


Marie Ranieri : Et les Français, vous en écoutez ?
Jena Lee : Non, pas tellement. Du Benjamin Biolay en français. Y a du Usher… Y a pas de vieilles chansons. C’est surtout des chansons actuelles en fait. Les vieux trucs, c’est surtout des chansons des années 90 en fait, des boys bands. En ce moment, j’écoute beaucoup les Jonas Brothers. Je trouve qu’ils ont beaucoup de bonnes chansons sur
leur CD. J’ai pas aimé leurs albums de base, mais les albums des séries sont bien.


Johanna Gagnol : Plusieurs chansons du dernier album commencent par quelques notes de piano : « Mon ange », « J’oublie » et « En détresse ». Pourquoi ce choix ?
Jena Lee : Euh… pour une intro.


Marie Ranieri : Parce qu’il y en a plus que sur le premier album…
Jena Lee : Ah bon ? Quels titres encore ?


Johanna Gagnol : « Mon ange », « J’oublie » et « En détresse » et sur le premier album : « J’aimerais tellement » et « Banalité ».
Jena Lee : Je n’ai fait que l’instru de « Mon ange ». Pas des deux autres. Chépa, c’est un choix artistique. Non, c’est le réalisateur qui réalise, moi, je compose.

Publié dans : Interviews - Par Elodie Schneberger, Margt Lusson, Johanna Gagnol, Sarah Cigdem et Marie Ranieri
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 19:27

The Wawies

Le groupe est composée de : 
Lucie Bozec,chanteuse
Gaëlle Houssin à la guitare
Laïla Derraz à la batterie

Depuis quand votre groupe existe-t-il ?
Il s'est formé au mois de septembre 2010. On est les plus débutantes. On a tout appris tout toutes seules.

Envisagez-vous de continuer dans la musique à l’avenir ?
On ne sait pas encore, mais cela dépendra de nos disponibilités.

Quels genres de musique écoutez-vous ?
On écoute un peu de tout, ça va du classique au métal au  rock anglais comme les Stones et les Beatles.

Quels sont les artistes du moment que vous aimez le plus ?
Lucie: J'ai un petit faible pour le rock anglais. Il y a surtout Artics Monkeys, The Kooks, Babyshambles...
Gaëlle: Les Red Hot Chilli Peppers !
Laïla: Moi c'est plus comme Metallica, Scorpion, Debout sur le Zinc ..

Quelles chansons allez-vous chanter au concert ?
On va chanter 4 compos et une reprise.

D'où vient le nom The Wawies ?
Lucie : C'est assez compliqué. On était inscrites pour le concert inter-lycée et on avait pas encore de nom de groupe, donc un soir sur MSN on a commencé à balancer tous les noms qui nous passaient par la tête et c'est grâce à une expression que prononçait souvent le copain de Laïla qu'on a modifié et qui à donné le mot Wawies.

Quel est le premier morceau que vous avez joué ensemble ?
Lucie (chant) : “Big jet plane” de Angus and Julia Stone.

Vous avez déjà fait des concerts?
Gaëlle (guitare) : Une fois, au lycée, pour la journée porte ouverte.

Vous avez un Myspace ?
Lucie (chant) : Non, on n’a pas de myspace mais on a un facebook. On n’est pas souvent dessus et il y a pas d'enregistrement mais ça va venir… Avec le concert, on va pouvoir mettre des photos et des vidéos du concert.


Surrectas

Depuis quand votre groupe existe-t-il ?
Julien : Il s'est formé au mois de décembre 2009.

Comptez-vous faire carrière dans la musique avec le groupe ?
Julien: Pour l'instant on s’éclate! Après si ça marche, on saisira l'occasion et on en vivra.
Alexia: On a tous un projet différent pour l'année prochaine, avec la fac, donc on verra.

Qui a eu l'idée de crée le groupe ?
On va dire que c'est plus l'idée d'Antoine et de Julien.

Quelles sont vos principales influences ?
Julien (chant) : Principalement Trio et Ska-P, Bob Marley aussi
Antoine (guitare) : On écoute tous de tout.

Il y a une reprise que vous aimez jouer ?
Tous: On ne fait plus de reprises ! On se consacre à nos compos.

Et combien avez-vous de compos ?
Julien (chant) : 4, qu'on présente ce soir.

Avez-vous déjà fait des concerts auparavant ?
Alexia : Oui, un concert au lycée Simone Signoret [de Vaux-le-Pénil].

Qui écrit les chansons ?
C'est Julien qui les écrit, et il n’écrit qu’en Français.

Qu'est-ce qui vous inspire pour écrire vos textes ?
Julien : Nos chansons abordent les thèmes de tous les jours avec souvent des paroles crues pour faire passer un message comme dans Tino Luccio qui donne des conseils à la jeunesse.

D'où vient le nom de groupe SURRECTAS ?
Julien : C'est assez difficile. Surrectas est un mot souvent répété par le groupe de ska, Ska-P, dans leur chanson "Sectas" qui correspond à la deuxième partie du mot  « insurgées ». Cela signifie donc soumises.

Publié dans : Interviews - Par L'empreinte
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